Un avion de Ryanair atterrit à l'aéroport de Stansted, à Londres, le 2 novembre 2026 ( AFP / Adrian DENNIS )
La compagnie aérienne irlandaise Ryanair a annoncé lundi envisager des gels temporaires de salaires et un recours accru à l'intelligence artificielle pour réduire ses coûts face à la flambée du carburant liée à la guerre au Moyen-Orient, et anticipe de fortes hausses des tarifs aériens en 2027.
"À moins d'un règlement rapide du conflit au Moyen-Orient, nous nous attendons à ce que les prix du kérosène restent élevés pendant une bonne partie de 2027", explique le directeur général du groupe, Michael O'Leary, cité dans le communiqué.
Pour l'exercice en cours, qui s'achève le 31 mars prochain, Ryanair est couvert à hauteur de 80 % de ses besoins en carburant, à un prix d'environ 67 dollars le baril, bien inférieur aux cours actuels.
Mais pour 2027-2028, seuls 25 % de ses besoins sont à ce stade couverts, à un prix plus élevé d'environ 95 dollars le baril. Sur la base des prix à terme actuels, Ryanair anticipe une hausse d'environ deux milliards d'euros de sa facture de carburant.
"Pour y faire face, nous passons en revue l'ensemble des coûts des compagnies aériennes du groupe", poursuit M. O'Leary.
"Hausses de tarifs"
Parmi les pistes envisagées sur le prochain exercice figurent "un recours accru à l'IA" pour améliorer la productivité des opérations et des services administratifs, mais aussi le ralentissement de certains recrutements, ainsi que des gels temporaires de salaires lors du renouvellement d'accords collectifs.
"Nous avons un accord salarial pluriannuel en place, qui couvre l'année prochaine", tout comme "plusieurs syndicats à travers l'Europe", a réagi Oliver Richardson, un responsable du syndicat Unite, au Royaume-Uni, deuxième pays du groupe en nombre d'employés derrière l'Espagne.
"Notre accord salarial n'était ni lié, ni conditionné aux performances de l'entreprise", a-t-il ajouté, disant s'attendre "à ce qu'il soit respecté".
La couverture carburant sur l'exercice en cours n'a pas empêché le bénéfice net de reculer au deuxième trimestre, achevé fin septembre, sous l'effet de la hausse du coût du carburant et de la baisse des prix des billets.
Sur ces trois mois, il s'établit à 1,61 milliard d'euros, en baisse de 6 % sur un an, malgré une progression de 4 % du chiffre d'affaires, à 5,7 milliards d'euros.
Au cours du semestre, le conflit au Moyen-Orient a "entraîné une hésitation des consommateurs et des réservations plus tardives", pesant sur les tarifs, explique M. O’Leary.
Mais en 2027, le carburant plus cher devrait au contraire pousser les compagnies européennes "à des hausses de tarifs à deux chiffres", a-t-il ajouté dans une vidéo accompagnant les résultats.
"Aucune visibilité"
"De nombreuses compagnies aériennes ont pu faire face à la flambée des prix du pétrole cette année grâce à leurs couvertures à terme, ayant fixé à l'avance le prix d'une grande partie de leurs achats de carburant avant la guerre en Iran", explique Dan Coatsworth, responsable des marchés chez AJ Bell.
"Ces couvertures arriveront bientôt à échéance, ce qui exposera le secteur aérien à une forte hausse de ses coûts", ajoute-t-il. "Les voyageurs doivent se préparer à une forte augmentation du prix des billets d'avion."
Ryanair prévoit de transporter 214 millions de passagers sur l'exercice en cours, soit une hausse de 3 %, puis plus de 220 millions en 2027-2028.
L'entreprise juge néanmoins qu'il est trop tôt pour donner une prévision de bénéfice net annuel, affirmant n'avoir "aucune visibilité pour le quatrième trimestre".
Le résultat pour l'exercice reste notamment exposé à une escalade des conflits au Moyen-Orient et en Ukraine, au prix du carburant non couvert, aux chocs macroéconomiques et aux perturbations du contrôle aérien européen, avertit le groupe.

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